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Géopolitique

Par Cédric Riedmark

Le Port du Pirée, à 14 km d’Athènes. Quai numéro 7. Sous un ciel moutonnant, des cargos passent et cornent entre les grues dressées telles des épouvantails d’acier un peu effrayants. Lorsqu’en 493 avant Jésus Christ, Thémistocle réussit à convaincre les nobles d’Athènes que la puissance grecque passerait par la construction d’un grand port, il était loin de se douter que 2 500 ans plus tard, ce choix judicieux du Pirée servirait les intérêts d’autres grands marins que sont les Chinois. 

Berceau de la puissance navale grecque de l’antiquité - consacrée par la victoire de Salamine contre les Perses, le 29 septembre 480 avant J.-C -, le Pirée reste aujourd’hui encore un port riche d’atouts exceptionnels avec ses bassins naturellement profonds, portés à plus de 18 mètres, pouvant accueillir sans difficultés les méga porte-conteneurs de type CMA-CGM Christophe Colomb, et une situation idéale - au débouché du canal de Suez - qui en fait un hub naturel de déchargement et de redistribution des marchandises dans le reste du bassin méditerranéen et en mer Noire.

En dépit de quelques initiatives récemment prises en Libye pour l’entraver, la vague migratoire qui roule du cœur de l’Afrique jusqu’à l’Europe ne s’arrêtera pas. Une situation qui exige aujourd’hui de courageuses et lucides décisions. Explication.

Par Cédric Riedmark

Le dimanche 25 juin 2017, 3 300 migrants ont été récupérés en mer Méditerranée au cours de 31 opérations distinctes menées par les gardes côtes italiens, des ONG et le dispositif naval européen Sophia. Il s’agissait majoritairement, une fois de plus, d’africains originaires de la zone sahélienne ou sub-sahelienne, partis des côtes libyennes. Le lendemain, selon un chiffre recueilli par l’AFP auprès des garde côtes italiens, 5 000 migrants, répartis sur un ensemble de 23 embarcations, étaient à leur tour récupérés par les navires occidentaux. Selon l’ONU, au moins 2 000 migrants sont morts en Méditerranée depuis janvier 2017. Un chiffre tragique qui illustre une situation intenable tant sur le plan humain que politique et financier. Mais l’Europe doit bien comprendre que la situation serait bien pire si trois phénomènes ne s’étaient conjugués, depuis février, pour entraver directement (ou indirectement) le trafic de migrants via la Libye.

Par

Philippe Folliot, député UDI du Tarn

Laurent Furst, député LR du Bas-Rhin

Gilbert Le Bris, député PS du Finistère

Nous nous félicitons que le Gouvernement ait écouté nos légitimes arguments (http://www.philippe-folliot.fr/?p=14170), entendu l’exceptionnelle mobilisation populaire (pétition signée par plus de 11 000 personnes en quelques jours) et les très nombreux messages de soutien, et qu’il ait finalement fait preuve de sagesse en retirant de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la ratification de cet inique et dangereux traité de cogestion de l’île de Tromelin. Nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont aidé et soutenu dans ce combat. Nous resterons particulièrement vigilants pour la suite et encourageons la France à éventuellement engager des négociations avec la République de Maurice pour établir un nouvel accord plus respectueux de la pleine souveraineté française.
La République demeure une et indivisible !

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A l'initiative de Philippe Folliot, député (UDI) du Tarn et co-auteur du livre « France-sur-Mer : un empire oublié », une grande pétition a été lancée sur la plateforme www.change.org (Ndlr : sous le titre "L'île Tromelin doit rester française") pour empêcher l'adoption, ce mercredi 18 janvier à l'Assemblée nationale, d'un accord de co-gestion avec l'île Maurice sur cette terre française située dans l'océan indien, à proximité de Madagascar et de l'île de La Réunion. 

Par Hugues Eudeline 

Consultant international, spécialiste en géostratégie maritime *

 

Ouverture d’une nouvelle route maritime chinoise à partir du port pakistanais de Gwadar

Deux navires transportant des chargements en provenance de Chine ont quitté le port de Gwadar au Pakistan, le 15 novembre 2016, à destination du Moyen-Orient et de l'Afrique. Leur cargaison venait de la ville chinoise de Kashgar, après avoir emprunté le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), un projet pilote de 46 milliards de dollars en cours de réalisation. Les MV Cosco Willington et MV Al Hussein ont appareillé sous la protection de bâtiments de la Marine pakistanaise.

Vers 2h00 (heure française), Kito de Pavant a été récupéré par un semi-rigide envoyé par le navire Marion Dufresne II : le skipper de Bastide-Otio a été immédiatement pris en main par le médecin du bord. Le solitaire va bien même s'il est extrêmement déçu et fatigué. Le navire de ravitaillement des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) était en mission au départ de La Réunion pour faire le tour des îles australes : le commandant Dudouit a été prévenu par la Direction de Course du Vendée Globe en relation avec les services de sécurité en mer (MRCC et CROSS Gris-Nez). À environ 110 milles dans le Nord de la position de Kito de Pavant, le Marion Dufresne a alors accéléré pour rallier au plus vite le monocoque dont la quille risquait à tout moment de se désolidariser totalement, mettant en danger la vie du skipper. Alors que la nuit tombait sur zone, le navire a rejoint Bastide-Otio vers 17h30 (heure française) et est entré en contact radio avec Kito de Pavant qui a pu décrire la situation alors que le vent soufflait encore à une trentaine de nœuds sur une mer très agité.

Propos recueillis, le 24 mai 2016, à Tripoli, par Cédric Riedmark

Le Gouvernement d'union nationale (GUN) qui devrait théoriquement, aujourd'hui, être à la tête de la Libye est dirigé par un Conseil présidentiel gouverné par M.Fayez el-Sarraj et huit conseillers. Ce GUN dont la mise en place s'avère laborieuse, est le fruit d'un compromis signé sous la tutelle internationale, à Skhirat, au Maroc, le 17 avril 2015.  Avant les accords de Skhirat, la Libye possédait de facto deux "gouvernements" : l'un installé à Tripoli, majoritairement dominé par la ville influente de Misrata, l'autre installé à Tobrouk dont une figure représentative est le général Haftar. Ce dernier était le seul reconnu par la communauté internationale mais son pouvoir effectif ne s'étendait pas sur la Tripolitaine.

Soucieux de préserver leurs pouvoirs, ces deux "gouvernements" freinent pourtant la mise en place du nouveau gouvernement d'union nationale. Le parlement de Tobrouk a ainsi refusé de le reconnaitre et le gouvernement de Tripoli traîne, de son côté, à libérer ses ministères. Le Gouvernement d'union nationale est arrivé à Tripoli le 30 mars 2016 et a sommé, conformément aux accords de Shkirat, l'ancien gouvernement tripolitain de cesser ses activités. En attendant que les anciens ministres veuillent bien quitter les lieux, il a élu domicile dans la petite base navale de Tripoli. Les huit membres du Conseil présidentiel dirigeant le GUN, placés sous l'autorité de M. el-Sarraj, sont représentatifs de l'ensemble de la population libyenne de par leurs origine respective.

Ahmed Maitig, 44 ans, bras droit de M. el-Sarraj nous a accueilli chez lui, à Tripoli. Cet homme d'affaire, originaire de Misrata et ancien Premier ministre en 2014, est actuellement le Premier vice-président du Conseil présidentiel.

Par Cedric Riedmark

en direct d'Idomeni

Le 10 avril, des migrants du camps d'Idomeni, en Grèce, excédés, ont tenté de forcer la frontière avec la Macédoine. Ils ont été repoussés par les forces macédoniennes. MSF a dénombré 300 blessés, en raison principalement de l’emploi de gaz lacrymogène. La Grèce a ouvert, depuis un mois, des hots spots sur tout son territoire mais les migrants d'Idomeni refusent de s'y rendre préférant attendre une hypothétique ré-ouverture de la frontière macédonienne, là, dans ce camp de fortune dont le maintien illustre, à lui seul, les dangers et les contradictions d'une Europe confrontée à un phénomène qui pose la question de son identité.

Dans la fraicheur de la nuit finissante, l'autoroute menant de Thessalonique à Idomeni, rectiligne, morne, est tout à fait déserte. En fond de tableau, les monts du Rhodopes semblent disparaitre dans les brumes au fur et à mesure qu’on s’en approche. Une image hallucinante émerge du brouillard matinal...

Bachir, le migrant...

Cédric Riedmark a rencontré, en février dernier, à Tripoli en Lybie, les acteurs du drame de l'immigration massive qui vide l'Afrique et le Proche Orient de ses forces vives et déstabilise l'Europe. Il en a réalisé cinq portraits exceptionnels. Voici le premier d'entre eux consacré à Bachir le migrant. Retrouvez les autres dans la version papier de la revue Marine & Océans (abonnement ou achat en ligne sur ce site).

La maitrise de la vague migratoire historique à laquelle est aujourd’hui confrontée l'Europe est l’occasion, pour son voisin turc, de faire valoir ses intérêts.

Par Cedric Riedmark

Dans le cadre de l'espace Schengen, les pays possédant une frontière avec un Etat non membre de l'Union européenne sont responsables du contrôle des arrivées dans l’Union. La première - et théoriquement unique ligne de contrôle des frontières européennes face à l'arrivée des migrants venus du Moyen orient ou d'Afrique -, est donc sous la responsabilité de la Grèce et de l'Italie. Une fois ces frontières « externes » franchies, les migrants ne sont théoriquement plus contrôlés du fait de la libre circulation dans l’espace européen. Le hic réside dans le fait que les services douaniers italiens et grecs ne sont pas dimensionnés pour absorber un tel mouvement de population.


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