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Remplacement des F-16 belges: la France vient défendre son offre à Bruxelles


Bruxelles, 15 mai 2018 (AFP) -

L'offre de la France d'associer la Belgique au développement de la future version du Rafale est "sans commune mesure" avec ce que proposent les concurrents de l'avion de combat français pour le vaste marché public de remplacement des F-16 belges, a affirmé mardi le ministère français des Armées.

Huit mois après l'offre par Paris d'une "coopération approfondie" entre les deux armées de l'air, accueillie sans enthousiasme à Bruxelles, une délégation du cabinet de la ministre française Florence Parly a été reçue mardi dans la capitale belge par des conseillers de son homologue Steven Vandeput.

Ce fut l'occasion, d'après les Français, d'"ouvrir la discussion" sur la proposition de former des pilotes belges à opérer depuis le porte-avions français Charles-de-Gaulle, plutôt que depuis des bases aériennes partagées, ou celle de leur ouvrir "largement" l'espace aérien français pour des exercices.

La France a aussi offert à la Belgique d'être "le partenaire européen pour discuter des évolutions futures du Rafale", et d'avoir ainsi dans ce programme "un poids sans commune mesure avec (ce que proposent) les concurrents", ont indiqué des conseillers de Mme Parly, sous couvert de l'anonymat, en rendant compte de cette entrevue devant des journalistes.

L'association des Belges au développement du prochain Rafale F4 attendu d'ici à 2024, ont-ils ajouté, "permettra la convergence vers le futur Scaf" (Système de combat aérien du futur européen), pièce maîtresse de la stratégie franco-allemande pour assurer la souveraineté européenne en matière de défense.

La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d'achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d'une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d'euros.

Les trois candidats pour remplacer les F-16 sont l'avion F-35 du fabricant américain Lockheed Martin, le Typhoon du consortium européen Eurofighter et le Rafale du français Dassault.

Mais Steven Vandeput, ministre belge issu de la N-VA (nationalistes flamands), estime que seuls les deux premiers ont rendu --en février, via les gouvernements américain et britannique--, une offre chiffrée en bonne et due forme, la proposition française d'un partenariat plus global étant jugée hors du cadre juridique fixée.

Mardi, son cabinet a reçu les trois conseillers de Mme Parly "à la demande du Premier ministre" belge Charles Michel, a indiqué à l'AFP la porte-parole de M. Vandeput, Laurence Mortier.

"On est intéressé par le programme de l'avion de combat du futur", a-t-elle fait valoir, mais "on n'a rien entendu de nouveau par rapport à la lettre reçue (de Florence Parly) le 6 septembre. Il n'y a rien de plus concret".

"Maintenant on va donner un dossier complet au gouvernement belge", a poursuivi Mme Mortier refusant de se prononcer sur un quelconque calendrier pour le choix final entre les concurrents.