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Cargo arraisonné avec 3 tonnes de cocaïne en 2008: début du procès en appel


RENNES, 10 fév 2014 (AFP) -

Le procès en appel des membres d'équipage du Junior, un cargo panaméen arraisonné en 2008 par la Marine française dans le golfe de Guinée avec plus de 3 tonnes de cocaïne à bord, s'est ouvert lundi pour trois semaines devant la cour d'assises spéciale d'Ille-et-Vilaine, à Rennes.

Le procès avait été renvoyé en juillet dernier par la cour, qui demandait un supplément d'information.

A l'ouverture de l'audience, les avocats de la défense ont soulevé une exception de nullité, rejetée par la cour, arguant notamment de la présence au sein de la cour d'un juge ayant déjà participé aux premiers débats, qui avaient duré pratiquement trois semaines.

Onze accusés, dont cinq comparaissent détenus et deux sont représentés, sont cités devant cette cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels, pour ce procès prévu jusqu'au 28 février.

En première instance, le 9 février 2012, la cour d'assises spéciale de Rennes avait prononcé sept peines, allant de 10 à 25 ans de prison, à l'encontre de cadres grecs, sierra-léonais et bissau-guinéen du réseau.

Le cargo avait été arraisonné le 7 février 2008 dans l'Atlantique par des commandos de marine français, qui avaient trouvé à bord un chargement de 107 caisses de 30 kilos de cocaïne. Les trafiquants avaient pris livraison de la drogue au large du Brésil et devaient apparemment la décharger en Algérie.

Les cinq matelots du Junior, à l'encontre desquels le parquet avait requis de 4 à 7 ans de prison, avaient été acquittés, la cour ayant estimé que ces marins sierra-léonais, très pauvres, avaient agi sous la contrainte de leur employeur.

Le parquet général avait formulé un appel général qui ne visait cependant pas l'un des cerveaux de l'opération, le Grec Ioannis Zogopoulos, condamné par défaut à 25 ans de réclusion. En fuite après s'être évadé en 2010 d'une prison de Conakry, en Guinée, où il habitait, cet accusé ne s'était pas présenté à son procès et n'a pas été inquiété.

Le principal enjeu du procès d'appel est le sort d'un autre Grec, Andrea Tsakiris, gérant de société de 58 ans, acquitté en première instance faute de charges suffisantes, et qui, selon le parquet, est en réalité un autre cerveau du réseau. Le ministère public avait requis 25 ans de prison à son encontre en première instance.

Jugé dans son propre pays, l'armateur grec du navire, Nikolaos Kornilakis, a été pour sa part condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juillet 2009.

Dans cette affaire, la France avait été condamnée en juin dernier par la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg pour garde à vue abusive, après avoir tardé à présenter l'équipage du navire à un juge.