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Brexit: l'accès aux zones de pêche britanniques au coeur des négociations


Paris, 11 juil 2018 (AFP) -

Les pêcheurs français et leurs alliés européens, inquiets d'un éventuel Brexit "dur", veulent mettre la pêche au coeur des négociations entre l'Union européenne (UE) et le Royaume-Uni pour préserver leur accès aux eaux anglaises, ont-ils expliqué jeudi.

"Accès aux zones de pêche contre accès de tous les produits britanniques au marché européen, pas simplement les produits de la mer": Hubert Carré, directeur général du comité national des pêches, a explicité la stratégie des pêcheurs français, unis à leurs homologues européens, devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

L'enjeu est crucial: les captures dans les eaux britanniques, susceptibles d'être remises en cause par le Brexit, représentent en moyenne 30% du total des captures de la pêche française. Un chiffre qui peut grimper jusqu'à plus du double dans les régions les plus septentrionales.

"Quand on sort de Boulogne, au bout de 30 minutes on est dans les eaux anglaises", explique Olivier Leprêtre, représentant des patrons pêcheurs, aux députés de la Commission.

"Si malheureusement on entre dans un Brexit dur, les entreprises ne vont pas tenir le choc, c'est certain".

Mais le Royaume-Uni dépend aussi de l'UE, pour écouler sa production. "Les Britanniques pêchent mais ils ne consomment pas leur pêche puisqu'ils l'exportent à 75%", note Hubert Carré.

Pas question pour autant d'échanger simplement l'accès aux eaux britanniques contre l'accès aux marchés des Etats-membres pour les produits halieutiques, "sachant que l'UE est le premier marché mondial des produits de la mer", explique M. Carré.

Les pêcheurs sont "assez bien entendus et assez bien soutenus" par les dirigeants, y compris par Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE, assure-t-il.

Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Travert, a promis que la pêche serait négociée dans un paquet global, et non à part, entre l'UE et la Grande-Bretagne: "l'accès au marché unique de l'Union est consubstantiel à l'accès aux eaux du Royaume-Uni pour les navires battant pavillon d'un Etat membre", avait-il déclaré récemment à Sète.

"La période de transition, synonyme de maintien transitoire, jusqu'au 31 décembre 2020, de l'acquis communautaire notamment en matière de politique des pêches, n'est pas encore acquise, loin s'en faut", avait-il admis. En cas de Brexit dur, les pêcheurs européens pourraient perdre l'accès aux eaux britanniques dès le 29 mars 2019.

En cas de Brexit dur, "Il va falloir trouver des financements, peut-être faire payer les responsables, parce que les responsables c'est la Commission européenne", martèle Olivier Leprêtre.

"S'ils avaient écouté les pêcheurs, il n'y aurait pas eu 96% des pêcheurs (britanniques)" votant pour le Brexit".