marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

Aquarius: Bayrou appelle à "une réponse européenne"


Paris, 13 juin 2018 (AFP) -

François Bayrou, le président du MoDem, a considéré mercredi qu'il n'y avait "aucune réponse possible aux problèmes des réfugiés en général si cette réponse n'est pas européenne", en réaction aux débats autour du navire humanitaire Aquarius.

"Renvoyer de pays en pays, de frontière en frontière, en faisant comme si ça ne concernait qu'un pays, qu'une société, c'est choisir l'impuissance", a estimé l'ancien ministre d'Emmanuel Macron, lors d'un entretien avec l'Association des journalistes parlementaires (AJP) à l'Assemblée nationale. Selon lui, "on est obligé, nous sommes contraints par l'urgence et la nécessité d'adopter une politique qui soit telle que les pays européens ne soient pas abandonnés à traiter chacun pour son compte un problème qui nous concerne tous".

M. Bayrou a notamment appelé à "un accord européen qui fixe les règles, les fasse respecter et permette de partager le fardeau".

"L'entente européenne n'est pas un choix, elle est une nécessité", a-t-il ajouté.

Alors que le sort de l'Aquarius, ce navire humanitaire en route vers l'Espagne avec 629 migrants, a suscité des réactions contrastées partout en Europe, le maire de Pau a estimé qu'"il y (avait) une attitude humanitaire dont aucun pays européen ne devrait pouvoir s'exonérer".

Vise-t-il la France, dont l'attitude jugée "indifférente" a été dénoncée par plusieurs députés? "Si la situation concernait directement notre pays, nous ne nous exonérerions pas de nos responsabilités", a contesté le leader centriste, en affirmant par ailleurs que "le président de la République a la volonté de mettre (la question migratoire) au centre de la politique européenne".

Interrogé sur l'attitude à adopter face au nouveau gouvernement italien, dominé par l'extrême droite de la Ligue et les populistes du Mouvement cinq étoiles, et qui a refusé que l'Aquarius débarque sur ses côtes, François Bayrou a fait valoir que "le gouvernement d'un État membre de l'Union européenne est nécessairement votre partenaire".

Selon lui, la situation politique transalpine, qui a conduit au pouvoir une coalition marquée par un fort euroscepticisme, "est créée non pas par l'Union européenne, mais par le surendettement dans lequel ces États se trouvent", comparable à celle "dans laquelle se trouvait Alexis Tsipras" en Grèce en 2015, lui-aussi d'abord virulent vis-à-vis de l'UE.

"Or, Tsipras a été le premier à conduire le pays vers un nouvel équilibre", a encore souligné le président du MoDem.


2011 - 2018 © Marine & Océans