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GB : les habitants des îles Chagos perdent une nouvelle bataille judiciaire


LONDRES, 11 juin 2013 (AFP) -

Les habitants des îles Chagos, dans l'océan Indien, ont perdu une bataille judiciaire mardi à Londres, la justice britannique confirmant la légalité d'une réserve marine autour de leur archipel, destinée selon eux à les empêcher de rentrer chez eux.

Cette réserve marine, la plus vaste au monde, a été créée en 2010 par le Royaume-Uni qui contrôle les îles. La pêche y est interdite.

D'anciens habitants des Chagos, expulsés de leur archipel, considèrent que ce parc marin les empêche de fait de rentrer chez eux, la pêche étant leur principale ressource.

Entre 1965 et 1972, quelque 2.000 Chagossiens avaient dû quitter leurs îles, un territoire britannique d'outre-mer situé au sud des Maldives. Cet exil forcé faisait suite à un accord secret américano-britannique pour transformer la plus grande des îles Chagos, Diego Garcia (27 kilomètres carrés), en base militaire américaine.

Mardi, les juges de la Haute Cour de Londres Stephen Richard et John Mitting ont estimé que la réserve marine était "compatible avec la législation de l'Union européenne".

Pour la défense des Chagossiens, leurs avocats avaient produit un télégramme diplomatique américain révélé par le site internet WikiLeaks. "Avec l'archipel des Chagos déclaré zone marine protégée, les Chagossiens ne pourront plus maintenir leur exigence d'un retour aux Chagos, leurs îles natales", aurait déclaré un diplomate britannique, Colin Roberts, à des diplomates américains à Londres en 2009, selon ce document.

Les juges ont estimé qu'en vertu de la loi britannique incluant la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, le télégramme en question ne pouvait pas être utilisé en tant que preuve.

Cette décision est la dernière d'une longue bataille judiciaire des Chagossiens pour tenter de rentrer chez eux.

Ils ont fait part mardi de leur "déception" à l'annonce de la décision de la Haute Cour. "Notre retour ne mettra pas en péril les magnifiques coraux et les réserves de poissons. Nous devons continuer notre combat pour la justice et nous sommes profondément convaincus qu'en fin de compte, la victoire sera de notre côté", ont-ils estimé dans un communiqué.

Ils réfléchissaient mardi à la possibilité de faire appel.