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Echec de la fusée Vega: le CNES planche sur une mission "Taranis 2"


Paris, 24 nov 2020 (AFP) -

Après l'échec de la fusée Vega, qui a entraîné la perte de Taranis, le satellite français d'exploration de la face cachée des orages, le CNES réfléchit à une mission "Taranis 2", qui devra minimiser coûts et délais, a-t-on appris mardi auprès du responsable du projet.

Il y a une semaine, huit minutes après son décollage depuis Kourou en Guyane française, le lanceur européen Vega a dévié de sa trajectoire, sans arriver à placer en orbite ses deux satellites embarqués, qui ont sombré dans l'Océan arctique.

Le satellite Taranis, fruit de quinze années de travail, devait être la première mission spatiale à explorer la face cachée des orages, des phénomènes électro-magnétiques méconnus qui se produisent dans les couches supérieures de l'atmosphère.

Comme toutes les missions scientifiques institutionnelles, elle n'était pas assurée. Son coût: 110 millions d'euros.

"On a tous été sidérés la nuit même de l'accident. C'était un cauchemar de voir tant d'années d'efforts réduites à néant, en un instant", a confié à l'AFP Christophe Bastien-Thiry, l'ingénieur responsable du projet Taranis au Centre national d'études spatiales (CNES), l'agence spatiale française, maître d'oeuvre et financeur du programme.

Peu après l'accident --dû à un défaut de fabrication du lanceur--, le CNES a mis en place un groupe de travail, chargé de faire des propositions pour une mission "Taranis 2", qui doit remettre ses conclusions fin janvier 2021.

Objectif: "faire un état des lieux et réfléchir à refaire la mission au mieux, au plus vite, au plus simple et en minimisant les coûts", a détaillé Christophe Bastien-Thiry, qui dirige ce groupe de travail.

"On ne repartira pas de zéro car c'était un projet très documenté", assure-t-il. La conception de la plupart des huit instruments embarqués devrait ainsi permettre de les refaire à l'identique. Mais "pour certains instruments, il faudra un nouveau design car leurs composants ne sont plus produits", comme celui chargé de caractériser les rayons gamma provoqués par les orages.

Taranis 2 utilisera aussi une nouvelle plateforme pour intégrer ses instruments de mesure. L'actuelle, Myriade, a été développée par le CNES au début des années 2000 pour les micro-satellites. Y intégrer Taranis, qui faisait la taille d'une machine à laver, "avait été un défi d'ingénierie", selon l'ingénieur, pour qui "notre +chance+ va être de pouvoir utiliser des plateformes plus larges, ce qui va simplifier".

L'intérêt scientifique de la mission est "toujours là", selon lui. "On a déjà eu un mail d'un laboratoire de la Nasa qui avait contribué à une sonde ionique (pour Taranis): ils sont partants pour repartir".