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Un conseiller de Trump recommande à Taïwan de se "fortifier"


Washington, 16 oct 2020 (AFP) -

Un conseiller du président américain Donald Trump a conseillé vendredi à Taïwan de se "fortifier" pour se protéger d'une invasion par la Chine, tout en jugeant cette éventualité peu probable avant "10 ou 15 ans".

"Je ne pense pas que les Chinois veuillent ou soient préparés à ce stade à un débarquement amphibie à Taïwan", a déclaré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O'Brien.

"Je pense que ce serait une opération militaire très difficile à mener aujourd'hui pour les Chinois", a ajouté M. O'Brien au cours d'une conférence en ligne organisée par le centre de réflexion Aspen Institute.

"Peut-être dans 10 ou 15 ans, ils seront mieux préparés à le faire", a-t-il ajouté, soulignant que la Chine développe sa marine de guerre à grande vitesse.

Le conseiller de l'exécutif a longuement médité sur la situation de Taïwan, que la Chine considère comme une partie de son territoire.

Taïwan n'est pas reconnu comme un Etat indépendant par l'ONU et Pékin menace régulièrement de recourir à la force en cas de proclamation formelle d'indépendance à Taipei ou d'intervention extérieure -- notamment américaine.

Notant que la Chine "a pointé un nombre énorme de missiles" sur l'île, il a estimé que Pékin pourrait "annihiler" Taïwan d'une frappe. "Mais je ne vois pas ce qu'ils en retireraient", a-t-il ajouté.

La marine chinoise aurait DE plus un détroit de 180 km à traverser et "une fois qu'on arrive à Taïwan, il y a très peu de plages, quatre ou cinq, qui seraient adéquates", a-t-il expliqué. "Je pense que ce serait une opération très difficile pour les Chinois".

En outre, le conseiller de M. Trump a noté que Pékin devrait prendre en compte la possibilité que les Etats-Unis défendent militairement Taïwan en cas de tentative d'invasion.

"Nous avons beaucoup d'outils à notre disposition", a-t-il dit. "Si nous étions impliqués, ces outils rendraient cette tentative très dangereuse pour la Chine".

Les Taïwanais doivent donc renforcer leurs défenses, comparant la petite île à un porc-épic qu'un lion comme la Chine n'aurait pas envie de manger.

"Je pense que Taïwan doit commencer à réfléchir à des stratégies asymétriques de déni d'accès (...) et se fortifier de façon à dissuader la Chine de lancer toute sorte d'invasion amphibie", a-t-il conclu.

Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour reconnaître Pékin, mais reste l'allié le plus puissant de l'île et son fournisseur d'armes numéro un.