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"Contrat du siècle" : France et Australie réaffirment leur engagement à construire 12 sous-marins


Munich (Allemagne), 14 fév 2020 (AFP) -

La France et l'Australie ont réaffirmé vendredi leur "plein engagement" à réaliser le programme de construction de 12 sous-marins pour la marine australienne, après une polémique déclenchée par le constructeur naval français sur les capacités industrielles de ses partenaires australiens.

"Nous avons toutes les deux réaffirmé notre plein engagement envers le programme, son calendrier et la montée en charge des capacités industrielles australiennes", ont déclaré la ministre des Armées française Florence Parly et celle de la Défense australienne Lynda Reynolds dans un communiqué commun à l'issue d'une rencontre en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich.

"Nous sommes déterminées à travailler ensemble pour en faire un succès", ont-elles ajouté en rappelant qu'il s'agissait de la pierre angulaire du partenariat stratégique franco-australien.

Le groupe français Naval Group (ex-DCNS) a été choisi en 2016 pour la conception et la construction de ces 12 sous-marins nouvelle génération, décrochant ainsi le "contrat du siècle" avec un montant colossal de 50 milliards de dollars.

Ces sous-marins à propulsion conventionnelle vont être construits en Australie, avec une première livraison prévue en 2032. Le contrat doit créer 2.800 emplois dans ce pays et occuper parallèlement 500 personnes en France, essentiellement dans la partie conception.

Le président de la filiale australienne du constructeur français Naval Group a toutefois jeté un pavé dans la marre en déclarant dans une récente interview que la part australienne dans les sous-marins pourrait être inférieure à 50% en raison de problèmes de sous-traitance locale.

Naval Group fait face à des "défis spécifiques" liés à l'industrie australienne dont il ne fait que prendre connaissance, a relevé John Davis, ajoutant aux interrogations en Australie sur le contrat.

Dans un souci d'apaisement, les deux ministres se sont engagées à échanger régulièrement pour s'assurer de la mise en oeuvre du projet, avec une prochaine rencontre dès avril en France et une autre en milieu d'année en Australie.

"Tout est mis en oeuvre pour que l'industrie australienne soit totalement impliquée", a assuré de son côté Naval Group à Paris en soulignant que 137 entreprises australiennes avaient déjà été intégrées au projet.

"Aucun élément ne permet de penser que les partenaires australiens ne seront pas en mesure de mener ce projet. Il n'est pas du tout prévu qu'on produise ce sous-marin en France", a ajouté une source proche du dossier.

Des voix critiques déplorent le fait que le contrat ait déjà tardé à être conclu car les eaux au nord et à l'est de l'Australie sont devenues le théâtre d'une âpre bataille d'influence entre les Etats-Unis, la Chine et les puissances régionales.

Pékin a des prétentions territoriales sur l'essentiel de la mer de Chine méridionale, une zone de navigation vitale pour le commerce mondial.

L'Australie espère que ces sous-marins lui permettront d'opposer une force de dissuasion crédible en cas d'action hostile.