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Le chef de la diplomatie allemande met en garde contre un "risque de guerre" dans le Golfe


Paris, 19 juin 2019 (AFP) -

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a mis en garde mercredi à Paris contre un "risque de guerre" dans le Golfe et appelé, tout comme son homologue français, à la "désescalade" via un dialogue avec toutes les parties.

"La situation est grave, le risque de guerre dans le Golfe n'est pas écarté et nous devons tout faire pour ne pas en arriver là", a-t-il déclaré à l'issue d'un conseil des ministres du gouvernement français auquel il venait d'assister.

"C'est pourquoi nous sommes en dialogue avec toutes les parties", de l'Iran aux Etats-Unis, a-t-il ajouté en rappelant qu'il venait lui-même de se rendre à Téhéran.

Ce dialogue est essentiel "pour veiller à une désescalade et à l'établissement de solutions viables", a-t-il ajouté.

Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d'attaques près du détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique à l'échelle mondiale.

Les Etats-Unis ont attribué cette attaque à l'Iran, qui de son côté dément toute implication, jugeant les accusations américaines "sans fondement".

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a souligné qu'il restait "peu de temps" pour inverser le cours des événements dans le Golfe.

"Nous sommes inquiets à la fois de la montée des actions et de la montée des propos", a déclaré le ministre français, au côté du chef de la diplomatie allemande, dans la cour de l'Elysée.

"L'annonce faite par les autorités iraniennes d'une éventuelle remise en cause de leur respect de l'accord de Vienne est préoccupante", a ajouté Jean-Yves Le Drian en référence à l'accord censé encadrer le programme nucléaire iranien et l'empêcher de se doter de la bombe atomique.

Un an après le retrait des Etats-Unis de l'accord, l'Iran a annoncé le 8 mai qu'il ne se sentait plus tenu par les limites imposées par ce texte à ses réserves d'uranium enrichi et d'eau lourde et donné 60 jours, jusqu'au 8 juillet, aux autres Etats signataires (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine) pour qu'ils l'aident à contourner les sanctions américaines.

"Nous voulons unir nos efforts pour faire en sorte qu'il y ait un processus de désescalade qui se mette en oeuvre. Il y a encore du temps mais il y a peu de temps", a relevé le chef de la diplomatie française, en pointe des efforts communs en ce sens avec Londres et Berlin.