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Interpellé par SOS Méditerranée, Castaner se défend après ses propos sur les ONG "complices" des passeurs


Paris, 9 avr 2019 (AFP) -

Interpellé par SOS Méditerranée, le ministre de l'Intérieur s'est défendu mardi de toute "ambiguïté" après avoir créé la polémique en accusant des associations d'aide aux migrants en mer d'avoir été "complices" des passeurs.

"Mon propos sur le rôle des ONG ne souffre d'aucune ambiguïté (...). Je n'ai jamais remis en doute la sincérité des ONG", a répondu Christophe Castaner dans une vidéo postée sur Twitter, tout en assurant que ses déclarations reposaient sur des "faits".

"Il est documenté qu'il y a eu dans certains cas des interactions de fait entre des passeurs et certaines ONG", a-t-il affirmé, citant "deux rapports de Frontex en novembre et en décembre 2016".

Vendredi, tout en assurant que les ONG "jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants" en Méditerranée, Christophe Castaner avait estimé qu'elles "ont pu se faire complices" des passeurs et les avait appelées à "avoir une attitude responsable".

Mardi, l'association SOS Méditerranée lui a adressé une lettre pour dénoncer "de graves accusations", assurant qu'aucune des ces allégations "n'a jamais été démontrée ni étayée par la moindre preuve" et qu'"aucune des procédures judiciaires entamées n'a abouti".

"Nos ennemis, nos vrais ennemis, nos seuls ennemis, ce sont les passeurs. Les passeurs et personne d'autre", a également répondu Christophe Castaner, qui a par ailleurs dénoncé les réactions d'indignation venues des oppositions.

"Tout ce que j'ai pu entendre, ce n'est rien, rien que de l'indignation factice, rien que de l'exploitation électorale, rien que de la petite politique. Nous parlons de combattre des trafiquants d'êtres humains, nous parlons de vies d'hommes et de femmes. Ils méritent bien mieux que des postures", a affirmé le ministre, dénonçant des "mensonges et des contre-vérités".

Dans sa lettre au ministre, SOS Méditerranée avait assuré que M. Castaner avait porté atteinte à "l'honneur" des ONG et avait jeté "un discrédit général sur les acteurs du sauvetage en mer".

Les ONG travaillent "dans le respect absolu du droit maritime international, en toute transparence et en totale coordination avec les autorités maritimes", avait martelé l'association. "Nous n'avons jamais eu et n'aurons jamais le moindre contact avec les passeurs et trafiquants d'êtres humains dont nous sommes les premiers à condamner les agissements criminels", avait-elle ajouté.

Dans un communiqué vendredi, la présidente d'Amnesty international France s'était également dite "consternée" par ces propos salués par l'extrême droite. "Nous condamnons fermement ces accusations qui sont dangereuses et tendent à faire oublier qui sont les véritables responsables de cette situation en Méditerranée: les États membres européens", avait-elle ajouté.