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Castaner et Salvini estiment que France et Italie sont "obligées" de travailler ensemble


Paris, 4 avr 2019 (AFP) -

Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner et son homologue italien Matteo Salvini (extrême droite) ont estimé que la France et Italie étaient "obligées" de s'entendre sur les sujets de sécurité, jeudi à l'issue d'une réunion bilatérale en marge du G7 des ministres de l'Intérieur.

Paris et Rome, qui ont connu ces derniers mois des relations orageuses notamment sur la question migratoire, "sont obligées de travailler ensemble", a affirmé M. Castaner.

"Je crois pouvoir dire que les sujets de lutte contre l'immigration irrégulière ou de lutte contre le terrorisme ne doivent pas nous opposer (...). Nous ne pouvons pas traiter ces questions chacun de notre côté", a-t-il déclaré après une rencontre inédite avec son homologue italien.

"Quand on parle de vraie vie, de choses concrètes, il y a peu d'espace pour les disputes. On est obligés de s'entendre", avait estimé plus tôt M. Salvini devant les médias lors d'une conférence de presse distincte.

Le ministre italien, qui a affirmé ne plus se préocuper du "passé", a préféré souligner les points d'accord entre les deux pays notamment sur la gestion de la frontière franco-italienne qui a connu une série d'incidents.

Selon M. Salvini, France et Italie ont une "position commune (...) pour défendre les frontières externes et pour une intervention commune en Libye, en Tunisie et au Maroc". Il a affirmé que, comme l'a fait l'Italie, la France était prête à fournir "des bateaux, des hommes et des moyens en dotation aux garde-côtes libyens".

Dans son allocution, Christophe Castaner, plus évasif, a affirmé que l'ensemble des ministres de ce G7 étaient tombés d'accord "pour renforcer notre soutien par la présence de garde-côtes des pays de la rive sud de la Méditerranée en Libye et au Maroc".

Sans nier "des positions politiques différentes", M. Salvini a même apporté un soutien surprise à la gestion de l'ordre public de M. Castaner sur la crise des "gilets jaunes".

"Comme ministre de l'Intérieur, j'ai apporté ma solidarité au collègue français qui a bien fait de réprimer tout épisode de violence. Une chose est la manifestation pacifique d'étudiants, ouvriers, pêcheurs ou camionneurs, une autre est d'avoir des centaines de vandales et délinquants qui incendient, cassent et détruisent dans le centre de Paris, donc il a bien fait d'être dur", a déclaré le ministre à la presse.

Une rencontre entre le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq étoiles, et des "gilets jaunes" début février avait provoqué la colère du gouvernement français et entraîné le rappel de son ambassadeur à Rome. Une crise diplomatique inédite entre les deux pays fondateurs de l'Europe.