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La course aux porte-avions
le 15 Mars 2010

La course aux porte-avions
La course aux porte-avions

Seuls les États-Unis et la France disposent aujourd’hui de porte-avions capables de durer en opération et de projeter, loin, une véritable force de frappe aérienne. Plus pour longtemps. Plusieurs pays ont lancé – ou relancé – des programmes de porte-avions puissants, conscients de l’importance et de la nécessité de posséder cet outil politico-militaire incomparable. Revue de détail des projets en matière de porte-avions, et de porte-aéronefs, à l’heure où la France fête les cent ans de son aéronavale.

Symbole de puissance, les porteavions et les porte-aéronefs reflètent les savoirs et/ou la richesse d’une nation. Outil de projection, ils imposent une volonté à la terre. Par le passé, les concepts d’emploi américains, britanniques, français et néerlandais ont fait du porte-avions une canonnière, dénoncée comme un instrument d’ingérence impérialiste et colonialiste par Moscou, Beijing et certains pays non-alignés qui s’interdisaient d’en disposer, autant par cohérence idéologique que par con - trainte économique ou technique. Les porte-avions et porte-aéronefs, actuels ou en projet, reflètent des réalités différentes, entre les plates-formes américaines de 100000 tonnes et plus de 35 noeuds, conçues (après l’expérience des kamikazes) pour résister aux missiles, les porte-avions moyens comme le Charles de Gaulle, lent, et dont le pont n’est pas blindé, les porte-avions sans catapultes, russe, indien et bientôt chinois, destinés principalement à la défense aérienne, les porte-aéronefs équipés d’avions à décollage court et les porte-hélicoptères comme le Mistral, intéressant la Russie, couteaux suisses de la Marine nationale, construits bon marché aux normes civiles, pour soutenir la bataille à distance des coups. Aujourd’hui, vingt ans après la fin de la chute du Mur de Berlin, les programmes de porte-avions et porte-aéronefs sont relancés. Cinq marines de l’Otan et huit marines hors Otan, aux histoires très différentes, mettent en oeuvre ou projettent de mettre en oeu - vre ces plates-formes qu’il faut veiller à bien distinguer pour ne pas mélanger des capacités peu comparables. Outre la France, cinq marines, l’US Navy, la Royal Navy, l’Indian Navy et les flottes russe et chinoise mettent en oeuvre ou vont mettre en oeuvre des porte-avions d’un déplacement compris entre 40000 tonnes et 100000 tonnes dotés de catapultes ou, pour les quatre dernières, de tremplins et de brins d’arrêts (configuration Stobar). Pour les États-Unis et leurs alliés, ces plates-formes ouvrent l’accès à un théâtre éloigné alors que pour les nations émergentes – Russie, Chi ne, Inde, Brésil – ces plates-formes servent d’abord à interdire l’accès d’une force extérieure à leur espace maritime. La question est de savoir si, à terme, les marines du second grou pe ne vont pas à leur tour employer le porte-avions comme les marines du premier groupe.

La course aux porte-avions
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Pour les États-Unis, le super porteavions a joué un rôle central dans les guerres aériennes contre le Vietnam, l’Iraq ou la Serbie, tout en protégeant les approvisionnements énergétiques et en défendant les intérêts américains dans le monde. Conçus il y a quarante ans, les Nimitz exigent des équipages nombreux et tolèrent mal des modifications qui affectent la vitesse et la stabilité de la plate-forme. Pour son successeur, le Pentagone avait d’abord examiné les options d’un porte-avions nucléaire géant, d’un porte-avions nucléaire jetable après trente-cinq ans, d’une variante du Charles de Gaulle, d’une plate-forme conventionnelle et d’une base mobile offshore. La nécessité de mettre en l’air beaucoup d’appareils, les con - traintes logistiques de l’énergie fossile, leurs émissions aveuglantes d’air chaud, l’ont décidé à retenir, en juin 2000, un porte-avions à propulsion nucléaire de 100000 tonnes et quatrevingts avions. Ce format permet deux fois plus de sorties aériennes qu’un Charles de Gaulle. Mis sur cale en 2009, le CVN78 Gerald Ford est le premier successeur des Nimitz. Son grou - pe aérien passera de six à quatre types d’appareils : le F/A18, le JSF, un nouvel avion de soutien et un nouvel hélicoptère. Des réacteurs plus performants élimineront les générateurs auxiliaires à vapeur. L’équipage sera réduit du tiers. Les unités suivants le CVN78 Gérald Ford recevront la catapulte électromagnétique (EMALS).

"Un porte-avions équivaut à près de 19 croiseurs lance-missiles"

La fin de la Guerre froide et la disparition de la menace sous-marine en Atlantique nord ont conduit la Gran - de-Bretagne à redéfinir ses engagements dans la Strategic Defense Review de 1998. Les interventions sur des théâtres extérieurs (Adriatique, Golfe arabo-persique, Afrique) exigent de projeter une aviation offensive dans des régions où les bases terrestres manquent. Les leçons des Falklands ont décidé la commande, en 2007, de deux plates-formes de 66000 tonnes accommodant une quarantaine d’appareils – trente-cinq chasseurs à décollage court (JSF), six hélicoptères ASM et quatre avions de guet aérien. La vitesse (27 noeuds), la protection et les senseurs sont sacrifiés. Sur cale en 2009 et 2011, les Queen Elizabeth et Prince of Wales devraient rallier la Royal Navy à la fin de la décennie. Pour l’ex-adversaire soviétique, les porte-aéronefs servaient de platesformes anti-sous-marines et anti-aériennes pour sanctuariser la zone d’opération des sous-marins stratégiques soviétiques et de plates-for - mes anti-navires pour participer à la salve de missiles contre les porte-avions de l’Otan qui viendraient attaquer le «bastion» soviétique. Depuis quinze ans, la Russie remet en cause ces concepts. Au-delà des missions traditionnelles de défense antiaérienne et de lutte anti-sous-mari ne, le porte-avions remplacera les croiseurs lance-missiles. En février 1996, trois experts de la marine russe déclaraient: «Un porte-avions équivaut entre 15 et 19 croiseurs lance-missiles si l’on considère les résultats obtenus pour une attaque. Le rapport économique masse/munitions (pour une cible se trouvant à 500 km) et le coût spécifique d’un bâtiment comprenant un groupe aéronaval (coût exprimé pour une tonne de déplacement) met en lumière la suprématie absolue du porte-avions : 10,5 contre 0,7.» Suivant cette leçon, le 4 avril 2008, le commandant de la Marine, l’amiral Vladimir Vysovtsky, a affirmé que la Russie construira sa flotte du milieu du XXIe siècle – à l’horizon 2060 – autour de cinq à six groupes aéronavals: «L’existence de ces groupes aéronavals augmentera l’efficacité opérationnelle de notre flotte de 60% et pour certains aspects de 300%.» Vysovsky a ajouté que la construction du premier porte-avions débuterait en 2012-2013. Un chasseur de 5e génération remplacera le Su-33. Le porte-avions déplacera 75000 tonnes à pleine charge et embarquera un chasseur Sukhoi de 30 tonnes propulsé par deux réacteurs 117-S d’une poussée de 14,5 ton nes métrique. Trente à tren te-six appareils de ce type seront embarqués en complément d’appareils plus légers – dont des Mig-29K commandés pour remplacer les Su-33 du seul porteavions actuel, le Kuznetsov. Les successeurs du Kuznetsov s’en distingueront par l’adjonction de catapultes et la disparition des missiles de croisière. Les retards actuels des programmes laissent les observateurs incrédules. Mais l’échéance de 2060 rend plus crédible les propos de Vysovtsky.

La course aux porte-avions
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Comme dans l’US Navy, l’aviation embarquée jouera le rôle principal dans la destruction des forces navales ennemies. En temps de paix, les capacités de déploiements réaffirmeront un statut de grande puissance face aux marines américaine et chinoise. La Russie construira ses porte-avions à Severodvinsk ou à Saint-Pétersbourg en utilisant au besoin la grande cale de Kronstadt. Elle pourrait aussi chercher un partenariat avec l’Ukraine ou avec la France, dans le sillage du contrat pour des porte-hélicoptères Mistral.Pour l’Inde et le Brésil, le porteavions est, à l’origine, un instrument de lutte anti-sous-marine avant de devenir un moyen de défense anti-aérienne et d’attaque à la mer. L’immensité du subcontinent indien et l’éloignement des îles Andaman et Nicobar rendent l’établissement d’un réseau complet de bases aériennes beaucoup plus coûteux que la cons - truction d’un porte-avions. Soucieux de recentrer la défense de l’Inde sur sa façade maritime, le Comité ministériel pour la sécurité a autorisé, en juin 1999, la poursuite du projet d’Air Defense Ship élaboré avec la France, puis l’Italie et la Russie. La désignation d’Air Defense Ship ménage l’armée de l’Air et souligne la mission principale de ce bâtiment rebaptisé ensuite Indian Aircraft Carrier. Déplaçant 40000 tonnes pour une vitesse de 28 noeuds, l’IAC Vikrant devrait emporter 24 Mig 29 ou Light Combat Aircraft, deux hélicoptères de guet aérien Ka-31 et dix autres hélicoptères Sea King Mk42. Parallèlement, l’ex-Gorshkov rebaptisé Vikramaditya est refondu à Severodvinsk pour un coût qui dépassera les 2 milliards de dollars avec un skijump de 14,3°, un pont élargi et un groupe aérien comparable à celui de l’IAC. Le Vikramaditya et le Vikrant devraient rallier la flotte respectivement après 2012 et 2017.

respectivement après 2012 et 2017. En 1999, et avec des contraintes spatiales comparables à celles de l’Indian Navy, la marine brésilienne a obtenu le droit de posséder des appareils à voilure fixe et a acquis vingttrois Skyhawk d’occasion au Koweït avant d’acheter, en novembre 2000, le porte-avions Foch. Rebaptisé Sao Paulo, l’ex-Foch a perdu ses équipements français remplacés par des systèmes de combat et de transmissions brésiliens et italiens. Son groupe aérien comprend quinze chasseurs bombardiers Skyhawk et onze hélicoptères dont six Sea King anti-sousmarins. Dans le cadre des exercices Araex, le Brésil a appris de sa rivale argentine en autorisant ses Super Etendard à apponter à bord du seul porte-avions d’Amérique latine. Brasilia devrait doter le Sao Paulo du Rafale avant de construire un nouveau porte-avions à la fin de la décennie. Le 17 août 2007, la Chine a annoncé que l’ex-porte-avions soviétique Varyag, acheté inachevé en Ukraine en 1997, était en cours de transformation pour servir de bâtiment d’instruction d’aviation. Rebaptisé Shi Lang – du nom du général chinois qui prit possession de Taiwan en 1681 – il sera affecté à l’académie navale de Dalian. Parallèlement, le ministère de la Défense évoquait la question d’un porteavions chinois en insistant sur son caractère défensif: «Même si la Chine possède un jour un porte-avions, con - trairement aux autres pays, ce ne sera pas une plate-forme pour des déploiements planétaires et pour atteindre n’importe quelle région du globe».

La course aux porte-avions
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Un premier groupe de pilotes destinés au futur porte-avions a commencé sa formation à l’Académie navale de Dalian tandis que la presse évoque des accords avec l’Ukraine et le Brésil pour la formation des pilotes. L’origine du programme de porte-avions chinois remonte à la visite de l’amiral Liu Huaching à bord du porte-avions américain Kitty Hawk en mai 1980. Impressionné, l’amiral avait recommandé à l’état-major général de lancer un programme de porte-avions qui permettrait à la Chine d’affirmer sa souveraineté en mer de Chine du sud et d’agir sur la côte orientale de Taiwan tout en assurant la défense anti-aérienne de la flotte. Trois décennies plus tard, le Shi Lang, ex-Varyag, devrait permettre à la Chine d’acquérir la même expérience opérationnelle que celle qu’a su se constituer la Russie avec son sistership, le Kuznetsov. Dérivé de ces deux porte-avions, le premier porte-avions national devrait être construit au chantier Jiangnan China State Shipbuilding situé sur l’île de Changxing, près de Shanghai. S’inspirant d’un prototype de Su- 27K navalisé acheté à l’Ukraine, l’Institut de recherche 601 de Shenyang développe un chasseur embarqué semi furtif et biréacteur, le J-13. La Chine possède, d’ores et déjà, les bâtiments de combat et de soutien nécessaire à l’accompagnement d’une telle unité. Elle modernise la base de Sanya, dans l’île d’Hainan, d’où le porte-avions pourrait agir, contre Taiwan, contre les états revendiquant les Spratley ou encore pour défendre la zone d’opération des SNLE de la classe JIN.

Porte-aéronefs et transports d’assaut

Outre les États-Unis et leurs neuf transports d’assaut capables de met - tre en oeuvre davantage d’avions à décollage court que les porte-aéronefs Viraat et Invincible, de l’Inde et de la Grande-Bretagne réunies, trois autres marines disposent de porte-aéronefs – l’Espagne, l’Italie et la Thaïlande. Quatre autres – l’Australie, la Corée du Sud, l’Espagne et le Japon – possèdent et construisent des portehélicoptères qui pourront ou pourraient, avec de légères modifications, être transformés en porte-aéronefs. Pour l’Espagne, le nouveau bâtiment de projection stratégique Juan Carlos est destiné à protéger les enclaves de Ceuta et Melilla contre un éventuel coup de force marocain. Il s’ajoute au Principe de Asturias comme plateforme pour des Matador et plus tard des JSF. À l’instar de l’Espagne, l’Italie donnera au remplaçant du porte-aéronefs Garibaldi des JSF et un radier pour servir de transport d’assaut aux côtés du porte-aéronefs Cavour et seconder l’allié américain. Version modifiée du Principe de Asturias, le Chakrinaruebet thaïlandais a été commandé en 1991 pour assister les populations en cas d’inondations majeures et pour défendre les intérêts économiques du pays dans le golfe de Thaïlande avec quelques appareils à décollage court AV8S Matador (armés de canons et de bombes) et douze hélicoptères.

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est la lutte anti-sous-marine et la protection des routes maritimes. En 1983, les forces d’autodéfense ont réclamé sans succès un porte-aéronefs de 20000 tonnes mettant en oeuvre un groupe mixte d’hélicoptères anti-sousmarins et de chasseurs Sea Harrier. Elles ont fini par obtenir satisfaction. Outre la construction de quatre transports d’assaut de 13000 tonnes classe Osumi, Tokyo a lancé, en 2001, un programme de deux «destroyer anti-sousmarin » de 13950 tonnes (18000 ton - nes à pleine charge) avec un pont d’envol continu de 197 mètres et un hangar permettant la mise en oeuvre de dix-huit hélicoptères anti-sous-ma - rins ou d’assaut capables de projeter près de 700 hommes. Une vitesse supérieure à 30 noeuds, un so nar actif et passif à basse fréquence, un système Aegis et des missiles anti-aériens Evolved Sea Sparrow leur donnent une vocation anti-aérien - ne, anti-missile et anti-sous-marine. Un ancien chef d’état-major de la force maritime d’autodéfense note que «leurs performances seront augmentées par l’emport d’avions V/STOL». Il semble faire référence à l’aéronef de transport américain Osprey mais les deux Hsiuga complétés par deux autres Hsiuga dotés d’un pont d’envol de 245 mètres pourraient facilement mettre en oeuvre le JSF pour défendre les avions de patrouille maritime opérant à l’est de Taiwan contre un groupe aérien chinois.

"Cette décennie est marquée par une course aux armements navals en Asie."

groupe aérien chinois. Les Osumi et Hsiuga japonais ont contribué à la décision sud-coréenne de construire deux porte-hélicoptères amphibies de 20000 tonnes classe Dokdo du nom d’un archipel contesté avec le Japon. Comme les Hsiuga, ils peuvent emporter 700 soldats (2e pont) ainsi que sept hélicoptères CH- 60 (pont d’envol), sept véhicules amphibies, six chars et deux hydroglisseurs (3e pont). Les Dokdo sont toutefois plus lents (22 noeuds) et moins armés mais la troisième unité mettra en oeuvre des JSF. Les Dokdo formeront trois «groupes stratégiques mobiles» qui pourront contre-attaquer par surprise, et en profondeur, les côtes nord-coréennes et «participer à la défense de la paix mondiale» dans le cadre des Nations unies. Quarante ans après le désarmement du porte-avions Melbourne, l’Australie se dote de deux transports d’assaut conçus par l’Espagnol Navantia et livrables en 2013 et 2014. Déplaçant 27, 851 tonnes à pleine charge, les futurs Canberra et Adelaïde pourront transporter 1124 soldats, 120 véhicules et 24 hélicoptères NRH-90, Tiger ou S-70B Seahawk. La présence d’un skijump – non imposée par les spécifications d’origine – permettra d’emporter également des drones et des JSF F-35B. À la différence des Hsiuga ou Dokdo, les Canberra seront dépourvus de canons et de missiles anti-aériens et anti-missiles. En marge de ces fusions entre transports d’assaut et porte-aéronefs, la France et la Russie mettent ou mettront en oeuvre respectivement trois et quatre porte-hélicoptères type Mistral qui ne recevront pas de chasseurs embarqués. Pour Moscou il s’agit de remplacer, dans chacune de ses flottes, des moyens amphibies obsolètes, de disposer de plates-formes de commandement, d’augmenter la mobilité de ses troupes dans son «étranger proche» et de participer à des opérations internationales. Dans dix ans, l’Angleterre devra remplacer son porte-hélicop tères Ocean. D’autres pays comme la Turquie, le Brésil et le Vénézuela envisagent de rejoindre le club des nations dotées de porte-hélicoptères.

La course aux porte-avions
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est marqué par une course aux armements navals en Asie. Porte-avions et porte-aéronefs sont un si gne extérieur de puissance et un instrument politique de gesticulation pour les puissances émergentes face au vainqueur de la Guerre froide et à ses alliés, mais aussi face à des voisins difficiles. Dans vingt à trente ans, les porteavions indiens, chinois et russes donneront à ces trois nations les moyens de con trôler et d’interdire un espace maritime élargi, voire de projeter des forces, ce qu’elles nient aujourd’hui. Ces pays affichent également la volonté d’employer leurs porte-avions ou leurs porte-hélicoptères pour des opérations de maintien de la paix dans le cadre des Nations unies ou pour des opérations humanitaires dont ils mesurent l’impact médiatique et politi - que après les démonstrations de por teavions et de porte-aéronefs américains ou occidentaux, lors du tsunami en Asie ou du tremblement de terre en Haïti.

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